Suis-je en burn-out ?
« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »
Nietzsche

En 1976, le psychologue Freudenberger définit une personne touchée par le burn out comme « une victime d’incendie. Ses ressources intérieures en viennent à se consumer, comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe extérieure semble plus ou moins intacte. »
Toutes les catégories socioprofessionnelles et toutes les classes d’âge sont concernées.
Et vous, êtes-vous concerné(e) et quelles sont les conseils pour arriver à gérer le burn-out ?
Quels sont les signes du burn out?
(d’après le questionnaire élaboré par Marie Peze)
Vous reconnaissez vous dans la liste suivante?
- Vous ne comptez pas votre temps et votre investissement au travail.
- Vous voulez que les choses soient toujours bien faites.
- On peut compter sur vous.
- Les valeurs d’engagement, d’utilité sociale sont ancrées en vous.
- Vous voulez réussir socialement par votre travail.
- Vous voulez être reconnu (e).
- Vous êtes un « bon soldat » et participez au travail collectif avec fierté.
- La renommée de votre employeur fait un peu la votre.
PHASE 1 : L’ACCELERATION
La surchauffe :
- Vous manquez de moyens, d’effectifs et de temps pour faire votre travail, mais vous faites avec.
- Vous ressentez de plus en plus de difficultés pour accomplir tout votre travail.
- Vous rentrez chez vous soucieux(euse) de ne pas être à jour.
- Vous ne dormez plus vraiment sereinement.
- Vous faites remonter à votre supérieur, mais il vous répond qu’on ne peut faire autrement, qu’il faut mieux définir vos priorités, vos taches.
- Vous vous sentez bien seul(e).
- Vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas en faire assez.
- Vous vous sentez coupable de ne pas y arriver.
- Vous décidez de faire des efforts pour vous mettre à jour, arrivez plus tôt, terminez plus tard…
- Vous travaillez chez vous le soir, le week-end.
- Mais cela ne suffit pas…
Au bout de 6 mois, le stress chronique s’installe :
- Votre capacité d’attention, de concentration, de mémorisation est saturée.
- Il vous faut plus de temps pour tout faire.
- Vous avez mal au crane, aux cervicales, au dos.
- Vous avez d’autres tensions et douleurs qui apparaissent partout.
- Vous avez la vue qui se trouble, ou mal aux yeux.
- Tout commence à vous agacer, vous êtes plus irritable et impatient(e).
- Vous avez du mal à trouver le sommeil.
PHASE 2 : ÉPUISEMENT DES RÉSERVES
L’engrenage
- Vous devenez anxieu(se) à l’idée de ne pas vous endormir et de ne pas avoir votre quota de sommeil.
- Vous ruminez et n’arrivez pas à vous rendormir.
- Vous n’arrivez plus du tout à dormir.
- Vous vous sentez ralenti(e), fatigué(e).
- Vous ne savez pas comment décrocher.
- Vous n’arrivez pas à lutter contre le « toujours tout de suite ».
- Vous regardez tout en ligne pour gagner du temps.
- Vous vous sentez épuisé(e).
- Vous travaillez de manière compulsive.
- Vous démarrez vos journées avec un sentiment de faute car vous n’êtes pas à jour.
- Vous avez du mal à trouver les mots, oubliez vos codes, votre cerveau se bloque.
- Vous faites des erreurs, laissez passer les procédures, vous vous en apercevez, puis vous ne vous en apercevez plus.
La désocialisation
- Vous n’allez plus à la machine à café ou à la cafeteria : ca vous fait perdre du temps.
- Vous n’avez plus envie d’écouter les gens, ça vous agace
- Vous n’avez plus envie de parler aux gens, même à vos collègues.
- Vous repoussez les propositions d’aide des autres.
- Le soir, vous travaillez de plus en plus tard.
- Vous ne parlez plus que de vos soucis de travail à votre conjoint, vos amis.
- Puis, vous ne leur en parlez plus car ils n’ont pas l’air de comprendre.
- Vous ne sortez plus car vous n’avez plus d’énergie.
- Pendant les vacances, vous restez connecté(e) pour continuer à suivre votre travail.
- Vous mangez davantage, avec plus de sucre et de gras.
- Vous mangez sur le pouce et vous digérez mal.
- Vous ratez vos cours de sport, vous n’avez plus le temps pour ça.
- Vous faites de moins en moins la cuisine, le ménage, les courses…
- Vous vous mettez en colère facilement.
- Vous hurlez sur vos proches sans arrêt.
- Vous passez de la colère aux larmes, sans comprendre pourquoi.
Les troubles importants :
- Vous avez des torticolis.
- Vous faites des lumbagos.
- Vous avez des palpitations cardiaques.
- Vous faites des malaises.
- Vous avez des vertiges.
- vous avez mal au ventre.
- vous avez pris ou perdu beaucoup de poids en quelques mois.
- Vous vous sentez de moins en moins motivé au travail.
- Vous allez travailler à contrecœur.
- Vous n’avez plus envie d’aller travailler.
- Vous ne vous mettez plus en colère et vous ne pleurez plus car vous trouvez que cela n’a plus de sens.
- Vous vomissez le matin ou vous videz avant de partir au travail.
- Vous avez des troubles ORL, une baisse de l’immunité (angines, rhumes, otites…)
- Vous avez des poussées d’herpes, d’eczéma, psoriasis, boutons…
- Vos analyses de sang ne sont pas bonnes.
- Vous espérez que votre entreprise se casse la figure.
L’isolement
- Les gens du bureau ne vous disent plus bonjour car vous vous êtes isolé(e).
- Vous vous sentez de plus en plus seul(e)
- Si on vous parle, vous vous sentez méfiant(e)
- Vous allez voir votre médecin traitant qui voulait vous arrêter mais vous avez dit non car ce n’est pas possible.
- Si vous vous arrêtez, personne ne fera le travail, ça va s’accumuler et quand vous reviendrez, ça sera l’enfer.
- Si vous vous arrêtez, votre hiérarchie le prendra mal.
- si vous vous arrêtez, vos collègues le prendront mal.
- Finalement, vous décidez de vous arrêter 3 jours, juste pour respirer un peu.
- Vous n’arrivez pas à vous reposer, même en dormant beaucoup.
PHASE 3 : LA DÉGRINGOLADE
Le recours aux expédients
- Votre médecin vous a prescrit de quoi dormir, calmer votre anxiété, être moins fatigué(e).
- Vous fumez davantage ou vous recommencez à fumer.
- En rentrant chez vous, vous prenez un verre pour affronter le quotidien.
- Vous fumez de l’herbe pour décompresser un peu.
- Des bières au café du coin vous font du bien.
- Une Red bull, une ligne de coke, des amphétamines vous aident à tenir la journée.
- Malgré les produits, la fatigue est de retour.
- Vous vous sentez usé(e), épuisé(e), vieux/vieille.
- Vous vous sentez en échec, impuissant(e) à assumer votre travail.
- Vous n’arrivez plus à faire face à ce qu’on vous demande au travail.
La désillusion
- Vous vous sentez submergé(e).
- Vous ne comprenez plus ce qu’on vous demande de faire au travail.
- Vous ne vous reconnaissez plus dans cette nouvelle façon de travailler qui pour vous n’a pas de sens .
- Vous ne ressentez plus rien.
- Vous allez travailler parce qu’il le faut.
- Votre travail ne vous apporte plus aucun plaisir.
- Vous trouvez que les gens autour de vous se lamentent.
L’effondrement
- Ce matin, vous n’arrivez pas à poser le pied par terre.
- Sur le trajet vers le travail, la panique vous serre comme un étau, vous êtes en sueur, votre cœur bat la chamade.
- Vous vous dites, « si je me jette sous les rails ou sur la voie, tout va s’arrêter, je vais pouvoir me reposer. »
- Vous éclatez en sanglot pendant la réunion devant votre équipe.
- Vous vous évanouissez au travail.
- Vous renversez votre ordinateur, votre bureau, pris d’une rage intense.
- Votre supérieur parle mais vous ne l’écoutez plus…
Les solutions pour gérer le burn out
- Faire un check up avec son médecin et identifier les signaux d’alarme.
- S’arrêter complètement de travailler jusqu’à avoir rechargé complétement son stock d’énergie.
- Accueillir son burn out et accepter sa fragilité : faire un travail d’auto-observation (symptômes, pensées, émotions, comportements…).
- Se faire aider et comprendre les origines de son burn out.
- Remercier ce burn out pour être l’opportunité du changement.
- Identifier ses limites, ses forces : mieux se connaitre pour reprendre confiance en soi.
- Travailler sur les distorsions cognitives (TCC).
- Faire des exercices de respiration, sophrologie.
- Trouver des activités pour explorer son environnement avec tous ses sens (marche), ou le faire avec l’aide de l’hypnose.
- Se faire plaisir, se faire du bien : bains, massages, manger de bonnes choses, développer les activités artistiques.
- Prendre soin de son énergie (privilégier magnésium, vitamines C et D, oméga 3, mélatonine, phytothérapie et aromathérapie…), siestes, acupuncture, luminothérapie, boire de l’eau pour évacuer les toxines.
- Se poser la question de ce que je peux mettre en place?
- Apprendre à mieux gérer son temps pour ne plus subir.
- Apprendre à dire non et s’affirmer.
- Travailler sur la prise de décision.
- Redonner du sens à sa vie : travailler son Ikigai pour identifier le futur projet professionnel.
- Travailler sur la gestion de ses émotions : EFT, Mosaic, hypnose.
- Participer à des groupes de parole.
- Recommencer à temps partiel le travail et faire du coaching pour prévenir les rechutes.
- Se remettre au centre de sa vie et positiver !
Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous voulez travailler sur ces difficultés, vous pouvez me contacter au 06 88 39 20 17.
A lire :
P. Mesters : Vaincre l’épuisement professionnel, 2007
C. Maslach, MP. Leiler : Burn out, le syndrome d’épuisement professionnel, 2011
C.Stock : Le burn out : le détecter et s’en protéger, 2014


