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Burn-out

Suis-je en burn-out ?

· Lecture 8 min · Par Stéphanie ANDRÉ

« Ce qui ne me tue pas me rend plus fort »
Nietzsche

En 1976, le psychologue Freudenberger définit une personne touchée par le burn out comme « une victime d’incendie. Ses ressources intérieures en viennent à se consumer, comme sous l’action des flammes, ne laissant qu’un vide immense à l’intérieur, même si l’enveloppe extérieure semble plus ou moins intacte. »
Toutes les catégories socioprofessionnelles et toutes les classes d’âge sont concernées.

Et vous, êtes-vous concerné(e) et quelles sont les conseils pour arriver à gérer le burn-out ?

Quels sont les signes du burn out?

(d’après le questionnaire élaboré par Marie Peze)

Vous reconnaissez vous dans la liste suivante?

  • Vous ne comptez pas votre temps et votre investissement au travail.
  • Vous voulez que les choses soient toujours bien faites.
  • On peut compter sur vous.
  • Les valeurs d’engagement, d’utilité sociale sont ancrées en vous.
  • Vous voulez réussir socialement par votre travail.
  • Vous voulez être reconnu (e).
  • Vous êtes un « bon soldat » et participez au travail collectif avec fierté.
  • La renommée de votre employeur fait un peu la votre.

PHASE 1 : L’ACCELERATION

La surchauffe :

  • Vous manquez de moyens, d’effectifs et de temps pour faire votre travail, mais vous faites avec.
  • Vous ressentez de plus en plus de difficultés pour accomplir tout votre travail.
  • Vous rentrez chez vous soucieux(euse) de ne pas être à jour.
  • Vous ne dormez plus vraiment sereinement.
  • Vous faites remonter à votre supérieur, mais il vous répond qu’on ne peut faire autrement, qu’il faut mieux définir vos priorités, vos taches.
  • Vous vous sentez bien seul(e).
  • Vous avez l’impression de ne pas être à la hauteur, de ne pas en faire assez.
  • Vous vous sentez coupable de ne pas y arriver.
  • Vous décidez de faire des efforts pour vous mettre à jour, arrivez plus tôt, terminez plus tard…
  • Vous travaillez chez vous le soir, le week-end.
  • Mais cela ne suffit pas…

Au bout de 6 mois, le stress chronique s’installe :

  • Votre capacité d’attention, de concentration, de mémorisation est saturée.
  • Il vous faut plus de temps pour tout faire.
  • Vous avez mal au crane, aux cervicales, au dos.
  • Vous avez d’autres tensions et douleurs qui apparaissent partout.
  • Vous avez la vue qui se trouble, ou mal aux yeux.
  • Tout commence à vous agacer, vous êtes plus irritable et impatient(e).
  • Vous avez du mal à trouver le sommeil.

PHASE 2 : ÉPUISEMENT DES RÉSERVES

L’engrenage

  • Vous devenez anxieu(se) à l’idée de ne pas vous endormir et de ne pas avoir votre quota de sommeil.
  • Vous ruminez et n’arrivez pas à vous rendormir.
  • Vous n’arrivez plus du tout à dormir.
  • Vous vous sentez ralenti(e), fatigué(e).
  • Vous ne savez pas comment décrocher.
  • Vous n’arrivez pas à lutter contre le « toujours tout de suite ».
  • Vous regardez tout en ligne pour gagner du temps.
  • Vous vous sentez épuisé(e).
  • Vous travaillez de manière compulsive.
  • Vous démarrez vos journées avec un sentiment de faute car vous n’êtes pas à jour.
  • Vous avez du mal à trouver les mots, oubliez vos codes, votre cerveau se bloque.
  • Vous faites des erreurs, laissez passer les procédures, vous vous en apercevez, puis vous ne vous en apercevez plus.

La désocialisation

  • Vous n’allez plus à la machine à café ou à la cafeteria : ca vous fait perdre du temps.
  • Vous n’avez plus envie d’écouter les gens, ça vous agace
  • Vous n’avez plus envie de parler aux gens, même à vos collègues.
  • Vous repoussez les propositions d’aide des autres.
  • Le soir, vous travaillez de plus en plus tard.
  • Vous ne parlez plus que de vos soucis de travail à votre conjoint, vos amis.
  • Puis, vous ne leur en parlez plus car ils n’ont pas l’air de comprendre.
  • Vous ne sortez plus car vous n’avez plus d’énergie.
  • Pendant les vacances, vous restez connecté(e) pour continuer à suivre votre travail.
  • Vous mangez davantage, avec plus de sucre et de gras.
  • Vous mangez sur le pouce et vous digérez mal.
  • Vous ratez vos cours de sport, vous n’avez plus le temps pour ça.
  • Vous faites de moins en moins la cuisine, le ménage, les courses…
  • Vous vous mettez en colère facilement.
  • Vous hurlez sur vos proches sans arrêt.
  • Vous passez de la colère aux larmes, sans comprendre pourquoi.

Les troubles importants :

  • Vous avez des torticolis.
  • Vous faites des lumbagos.
  • Vous avez des palpitations cardiaques.
  • Vous faites des malaises.
  • Vous avez des vertiges.
  • vous avez mal au ventre.
  • vous avez pris ou perdu beaucoup de poids en quelques mois.
  • Vous vous sentez de moins en moins motivé au travail.
  • Vous allez travailler à contrecœur.
  • Vous n’avez plus envie d’aller travailler.
  • Vous ne vous mettez plus en colère et vous ne pleurez plus car vous trouvez que cela n’a plus de sens.
  • Vous vomissez le matin ou vous videz avant de partir au travail.
  • Vous avez des troubles ORL, une baisse de l’immunité (angines, rhumes, otites…)
  • Vous avez des poussées d’herpes, d’eczéma, psoriasis, boutons…
  • Vos analyses de sang ne sont pas bonnes.
  • Vous espérez que votre entreprise se casse la figure.

L’isolement

  • Les gens du bureau ne vous disent plus bonjour car vous vous êtes isolé(e).
  • Vous vous sentez de plus en plus seul(e)
  • Si on vous parle, vous vous sentez méfiant(e)
  • Vous allez voir votre médecin traitant qui voulait vous arrêter mais vous avez dit non car ce n’est pas possible.
  • Si vous vous arrêtez, personne ne fera le travail, ça va s’accumuler et quand vous reviendrez, ça sera l’enfer.
  • Si vous vous arrêtez, votre hiérarchie le prendra mal.
  • si vous vous arrêtez, vos collègues le prendront mal.
  • Finalement, vous décidez de vous arrêter 3 jours, juste pour respirer un peu.
  • Vous n’arrivez pas à vous reposer, même en dormant beaucoup.

PHASE 3 : LA DÉGRINGOLADE

Le recours aux expédients

  • Votre médecin vous a prescrit de quoi dormir, calmer votre anxiété, être moins fatigué(e).
  • Vous fumez davantage ou vous recommencez à fumer.
  • En rentrant chez vous, vous prenez un verre pour affronter le quotidien.
  • Vous fumez de l’herbe pour décompresser un peu.
  • Des bières au café du coin vous font du bien.
  • Une Red bull, une ligne de coke, des amphétamines vous aident à tenir la journée.
  • Malgré les produits, la fatigue est de retour.
  • Vous vous sentez usé(e), épuisé(e), vieux/vieille.
  • Vous vous sentez en échec, impuissant(e) à assumer votre travail.
  • Vous n’arrivez plus à faire face à ce qu’on vous demande au travail.

La désillusion

  • Vous vous sentez submergé(e).
  • Vous ne comprenez plus ce qu’on vous demande de faire au travail.
  • Vous ne vous reconnaissez plus dans cette nouvelle façon de travailler qui pour vous n’a pas de sens .
  • Vous ne ressentez plus rien.
  • Vous allez travailler parce qu’il le faut.
  • Votre travail ne vous apporte plus aucun plaisir.
  • Vous trouvez que les gens autour de vous se lamentent.

L’effondrement

  • Ce matin, vous n’arrivez pas à poser le pied par terre.
  • Sur le trajet vers le travail, la panique vous serre comme un étau, vous êtes en sueur, votre cœur bat la chamade.
  • Vous vous dites, « si je me jette sous les rails ou sur la voie, tout va s’arrêter, je vais pouvoir me reposer. »
  • Vous éclatez en sanglot pendant la réunion devant votre équipe.
  • Vous vous évanouissez au travail.
  • Vous renversez votre ordinateur, votre bureau, pris d’une rage intense.
  • Votre supérieur parle mais vous ne l’écoutez plus…

Les solutions pour gérer le burn out

  • Faire un check up avec son médecin et identifier les signaux d’alarme.
  • S’arrêter complètement de travailler jusqu’à avoir rechargé complétement son stock d’énergie.
  • Accueillir son burn out et accepter sa fragilité : faire un travail d’auto-observation (symptômes, pensées, émotions, comportements…).
  • Se faire aider et comprendre les origines de son burn out.
  • Remercier ce burn out pour être l’opportunité du changement.
  • Identifier ses limites, ses forces : mieux se connaitre pour reprendre confiance en soi.
  • Travailler sur les distorsions cognitives (TCC).
  • Faire des exercices de respiration, sophrologie.
  • Trouver des activités pour explorer son environnement avec tous ses sens (marche), ou le faire avec l’aide de l’hypnose.
  • Se faire plaisir, se faire du bien : bains, massages, manger de bonnes choses, développer les activités artistiques.
  • Prendre soin de son énergie (privilégier magnésium, vitamines C et D, oméga 3, mélatonine, phytothérapie et aromathérapie…), siestes, acupuncture, luminothérapie, boire de l’eau pour évacuer les toxines.
  • Se poser la question de ce que je peux mettre en place?
  • Apprendre à mieux gérer son temps pour ne plus subir.
  • Apprendre à dire non et s’affirmer.
  • Travailler sur la prise de décision.
  • Redonner du sens à sa vie : travailler son Ikigai pour identifier le futur projet professionnel.
  • Travailler sur la gestion de ses émotions : EFT, Mosaic, hypnose.
  • Participer à des groupes de parole.
  • Recommencer à temps partiel le travail et faire du coaching pour prévenir les rechutes.
  • Se remettre au centre de sa vie et positiver !

Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous voulez travailler sur ces difficultés, vous pouvez me contacter au 06 88 39 20 17.

A lire :

P. Mesters : Vaincre l’épuisement professionnel, 2007

C. Maslach, MP. Leiler : Burn out, le syndrome d’épuisement professionnel, 2011

C.Stock : Le burn out : le détecter et s’en protéger, 2014

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