• andrestephanie

Suis-je réceptif(ve) à l'hypnose?

Dernière mise à jour : 10 janv.

"Faites confiance à votre inconscient, cet immense magasin de solutions"

Milton Erickson


Dernièrement, j’ai reçu une patiente en consultation à qui j’ai proposé de faire de l’hypnose au vu de ses symptômes anxieux. Elle me regarde me fixant des yeux, et me dit : "Est-ce que vous allez m’endormir comme à la TV ? Ça ne va pas me rendre insensible ? Vous pouvez essayer mais je ne crois pas que ça va marcher sur moi, normalement je ne suis pas très réceptive à ce genre de truc… peut être que je fais partie de ceux qui ne sont pas hypnotisables… ?"

Derrière ces paroles je ressens le discours interne : Est-ce vraiment sérieux ? Est-ce qu’on va me forcer à faire des choses que je ne contrôle pas ? Est-ce que je vais me faire manipuler ? Est-ce que je vais rester bloquée en état d’hypnose ? Et je me retrouve face aux préjugés classiques que beaucoup de personnes peuvent avoir… En effet, comme beaucoup de gens, cette personne est mal informée sur l’hypnose, et semble penser que ce n’est qu’une illusion…Se basant sur sa vision de l’hypnose de spectacle, l’hypnose inquiète mais fascine à la fois…


En fait, tout le monde peut être sensible à l’hypnose ! Mais chacun possède une réceptivité plus ou moins marquée (La réceptivité est la capacité et la rapidité à entrer en transe hypnotique).

Certaines personnes sont facilement réceptives et très rapides à hypnotiser.

Et d’autres, pour une raison consciente ou inconsciente, ont plus de difficultés à se prêter à l’expérience, ayant quelques résistances...

Par exemple pour des raisons conscientes, quand une personne n’est pas venue consulter pour de l'hypnose et refuse que cette méthode soit employée. Ou alors quand une personne ne souhaite pas sincèrement être soignée mais se voit contrainte de consulter pour différentes raisons…

Et pour des raisons inconscientes, même quand la personne souhaite essayer l’hypnose, l'anxiété ou certains évènements de vie peuvent avoir des effets inhibiteurs et cela peut être plus long...


Qu’est ce qui amène certaines personnes à arriver plus rapidement que d’autres à entrer en transe hypnotique ? Qu’est-ce que le sujet rapidement réceptif a de différent des autres ? Et comment lever les résistances de ceux qui le sont moins ?


Quels critères favorisent donc la rapidité à entrer en hypnose?


1/ Il semble que les plus réceptifs aient des caractéristiques de personnalité communes :

  • La capacité à faire confiance : Le contact avec le thérapeute est indispensable. Les rôles de celui qui guide et de celui qui accepte d’être guidé sont clairement établis.

  • La capacité d’introspection : vouloir s’explorer, se comprendre, observer ce qu’il se passe à l’intérieur de soi, vouloir amorcer le changement est important. Plus le patient est demandeur, et mieux ça peut aider. Cependant, on n’a pas forcément besoin de croire à l’hypnose pour que cela fonctionne !

  • La capacité à se laisser aller, à lâcher prise : des expériences passées peuvent avoir créé des protections au niveau inconscient. Certaines personnes vont donc mettre plus de temps à accepter de ne pas tout contrôler et se laisser guider, mais avec de la persévérance, les résistances vont se lever.

  • La capacité d’imagination : elle facilite la visualisation mentale. Le pouvoir des suggestions va permettre d’imaginer la tranquillité et de rentrer plus facilement dans cet état.

  • La sensibilité : Les personnes les plus hypnotisables ressentent de profonds changements de sensations et perceptions.

  • La patience : si l’hypnose ne fonctionne pas une première fois, il faut réessayer. Certains troubles mettront aussi plus de temps à se traiter.


2/ Mais il existe aussi une autre explication : les différences cognitives et neuronales dans le cerveau

Une étude de Stanford menée par le professeur de psychiatrie David Spiegel, développe pourquoi tout le monde ne peut pas être hypnotisé rapidement et en quoi le cerveau des patients moins réactifs diffère de celui de ceux qui sont facilement hypnotisables. Cette étude cérébrale, publiée dans l’édition des Archives of General Psychiatry de 2012 (Functional Brain Basis of Hypnotizability), est basée sur des données d’IRM : La connexion des neurones serait plus importante dans 2 régions du cerveau associées à l'attention et au contrôle des pensées (le cortex préfrontal dorsolatéral et le cortex cingulaire antérieur dorsal). Et par conséquent, ces 2 régions du cerveau ont tendance à présenter moins d'activité chez les personnes qui ont plus de mal à être mises en état de transe hypnotique rapidement.

Pour les chercheurs, la capacité à répondre à l'hypnose dépend donc plus de variables cognitives et neuronales que de traits de personnalité…


3/ Enfin, la réceptivité est favorisée par le degré de pratique de l’hypnothérapeute et la méthode choisie

Pour aider les patients à être plus réceptifs, le thérapeute pourra veiller (entre autre) à... :

  • Instaurer la confiance

  • Prendre le temps de bien comprendre la demande

  • Bien expliquer l’hypnose pour dissiper les croyances négatives

  • Faire fermer les yeux pour faire dépasser la pudeur pour exprimer les choses

  • Adapter le discours au langage du patient

  • Ajuster son timbre de voix, sa diction

  • Utiliser des phrases positives

  • Proposer des inductions hypnotiques variées et sur-mesure. Certains protocoles sont puissants.

  • Permettre de résister si le patient le souhaite…


Comment savoir si l'hypnose fonctionne?

Vous pourrez constater lors de la séance (ou votre thérapeute pourra observer), un ou plusieurs signes de cette liste :

  • Respiration plus basse et plus profonde avec des pauses parfois.

  • Aplatissement des muscles visage, cou, bras, main, corps.

  • Changement de couleur visage et corps.

  • Frétillements, battements des paupières (rapides, en ailes de papillon).

  • Mouvement des globes oculaires derrière la paupière.

  • Changements dans la salivation, plus rapide, plus lente, déglutition.

  • Pouls ralenti, une tension artérielle diminuée.

  • Ralentissement des mouvements et l’installation d’une certaine immobilité.

  • Mouvements involontaires et inconscients du corps : tressautements soudains.

  • Sensation d’être complètement présent et en même temps ailleurs.

  • Amplification de l’acuité sensorielle (visuelle, auditive, kinesthésique, olfactive, gustative)

  • Perceptions inhabituelles : flottement, légèreté, lourdeur, anesthésie, analgésie, fourmillements dans les extrémités, catalepsie...

Et après la séance :

  • Un mieux être global

  • Un soulagement de troubles physiques ou psychologiques...


Et si vous essayiez ? Pour cela, contactez-moi au 06 88 39 20 17

https://www.psychologue-andrestephanie.com/consultation-psychologue-34



Sources :

- Rapport de l’Inserm sur les différentes études menées dans le monde sur l’hypnose publié en 2015

- Etude de Stanford menée par David Spiegel et d’autres chercheurs, publiée dans l’édition des Archives of General Psychiatry de 2012 (Functional Brain Basis of Hypnotizability)

- Conférence d’Erickson, « Experiencing Hypnosis: Therapeutic Approaches to Altered States », traduction publiée en 1981 par Irving Publishers


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